Le succès de la série ne serait-elle que le résultat d’un coup de pub, ou plutôt celui d’une stratégie consciente, présente dans le vécu de l’auteur, dans ses thèmes, ses valeurs, ses personnages, dans l’édition des livres, dans la transposition cinématographique, ses produits dérivés, et même dans la gestion de la polémique? De telle sorte qu’on ne sache plus très bien si Potter est un héros consumériste ou, au contraire, une dénonciation du Système. Dès lors, le professeur Stephen Brown verrait-il juste en qualifiant JK Rowling, cette sérial writer, d’emblème du marketing postmoderne?

A l’occasion du 6e rendez-vous à la Médiathèque de Louvain-la-Neuve dans le cadre du cycle des Médiathèmes, organisé pour la deuxième année consécutive en partenariat avec l’Institut des Arts de Diffusion (I.A.D.) et UCL Culture (dans le prolongement des Rencontres des Calés de 2010), nous avons eu le plaisir de recevoir Vitold Grand’Henry qui nous a dévoilé une partie du mystère qui entoure le succès commercial (ou leur échec) des grandes productions Vitold Grand Henrycinématographiques. Et, pour prendre un cas exemplaire de ce qui est en jeu, rien de tel que la très médiatisée épopée d’Harry Potter.

Vitold Grand’Heny a étudié la réalisation, puis la réalisation télé, à l’I.A.D. avant d’entreprendre un formation en marketing à Solvay. Entré à la RTBF, il est responsable du marketing antenne pour les chaînes télé, des audiences et du branding. Quand sort le dernier volet du cycle d’Harry Potter, il est chargé d’élaborer le plan marketing télé et radio pour la RTBF. Cette opportunité fut également le point de départ d’un séminaire qu’il dirige à l’I.A.D. autour de la question de la mise en place d’une campagne médiatique pour vendre une œuvre, avec étude du cas "Harry Potter".

Dans ce contexte, les questions que Vitold Grand’Henry a été amené à se poser furent : Que représente une série comme Harry Potter? Y a-t-il déjà un marketing inhérent à l’œuvre, ou vient-il a posteriori? Qu’est-ce que Harry Potter nous apprend sur les liens entre le monde des histoires et le monde du commerce? Le tour de magie marketing est-il responsable de tout le succès, y a-t-il seulement une recette miracle?

Différents aspects du récit sériel

daniel-bernoulliD’une manière générale, le succès des séries repose sur un aspect comportemental que Daniel Bernoulli formalisa, sous un angle économique, dans sa Théorie sur la mesure du risque avec la notion d’"aversion au risque". Appliquée au choix qui se pose au spectateur entre le visionnage d’un film et celui d’un épisode (ou de plusieurs épisodes) d’une série, cette notion révèle que, face au risque d’être déçu par le film (et donc d’avoir gâché sa soirée), le côté répétitif de la série à quelque chose de rassurant : à condition bien entendu d’avoir accroché à une série, le spectateur sait qu’il passera une bonne soirée en connaissance de cause (puisque les personnages, les intrigues, l’ambiance et d’autres éléments sont récurrents d’un épisode à l’autre). Aussi, et a contrario, du point de vue des auteurs/producteurs, réaliser une série permet de "minimiser le risque" dans le chef du public.

Charles-DickensL’aspect narratif d’une série présente quelques particularités par rapport à une œuvre achevée (film ou livre). Depuis Charles Dickens (1836), la structure feuilletonesque de la série ouvre le champ à une réaction possible de la part du public entre la publication/projection d’un épisode donné et la suite de l’histoire en cours. Cette interaction avec l’audience débouche sur une linéarité ouverte du fil narratif. A cela s’ajoute, si la série se poursuit sur plusieurs saisons, le vieillissement partagé (des auteurs, des acteurs/personnages et de l’audience). Ainsi, par exemple, Daniel Radcliffe interprète pour la première fois Harry Potter en 2001 dans l’adaptation au cinéma du premier roman de J.K. Rowling. Il est alors âgé de onze ans. Dans le dernier volet de la série, il incarne, à 21 ans, un Harry Potter de 17 ans.

AHPL’aspect commercial est très tôt apparu dans l’histoire de l’évolution des séries. Il faut savoir que le format sériel, tel qu’il s’est développé à la télé à partir de 1947, fut hérité de la radio (qui avait déjà adopté ce format dès le début des années 1940), incluant dans sa structure, dès le départ, des inserts publicitaires. On se souvient de Hitchcock qui, dans sa première série Alfred Hitchcock Presents (1955), remerciait, au début de chaque épisode, ses sponsors. Ainsi, d’une manière générale, le récit est créé/produit dans une visée commerciale (il faut que les publicitaires s’y retrouvent en terme d’audience) et est adapté à son support, en fonction de la cible visée.

Les étapes magiques d’Harry Potter

Les premiers principes marketing apparaissent dès le genèse même du projet. Même si le projet en lui-même n’est pas d’abord orienté "marché", il faut bien reconnaître que, pour être lu, un auteur doit évidemment trouver son public (et, avant cela, pour être publié, trouver un éditeur).

JKRJ.K. Rowling a travaillé de manière très systématique, déjà en amont de son travail d’écriture. Le thème qu’elle choisit de traiter prend la forme d’un archétype dans l’inconscient collectif, et a donc toutes les chances de "parler aux gens" : le combat du bien et du mal. On trouve d’ailleurs ici une référence indirecte aux Corinthiens : "Le dernier ennemi qui sera vaincu, c’est la mort".

D’emblée, J.K Rowling détermine le lectorat auquel elle s’adresse : les enfants. A cela s’ajoute le fait que, dans l’univers très masculin du fantastique, elle fait entendre une voix féminine. Cependant, elle s’inscrit elle-même dans une tradition littéraire britannique riche en matière de fantastique. Ses références culturelles assurent une cohérence à son univers propre.

L’étape de la mise en édition du manuscrit est une étape où les impératifs du marketing sont pris explicitement en compte. Le travail de marketing consiste à définir précisément le public, à habiller le produit, à fixer un prix HPd’achat et à établir un plan de lancement. Dans le cas d’Harry Potter, le public cible est, majoritairement, masculin et âgé de 9-11 ans. Cela ne signifie pas que les publicitaires entendent se couper d’un public plus large (tranches d’âge supérieures, public féminin, etc.) mais bien qu’une majorité des acheteurs correspondront à ce profil. L’autre moitié sera bien entendu constituée d’autres âges et de filles. Ensuite, tenant compte de ce profil du public cible majoritaire, l’habillage du livre fut décidé : "a-sexuation" du nom de l’auteur (J.K. Rowling plutôt que Joanne Rowling – afin d’éviter de donner l’impression au public masculin qu’il s’agit d’une littérature pour filles), dessin de couverture, logo, etc. Concernant le logo, celui-ci est représentatif de la démarche "branding" qui se met en place dès le premier livre. Le plan marketing qui se développera pour les tomes suivants (après le succès du premier) s’appuiera sur la création du buzz, la création d’une attente qui joue sur une stratégie de frustration. Le cliffhanger qui ferme le premier volet participe de cette stratégie.

Concernant le passage du format papier au média cinématographique est un passage naturel dans le chef des producteurs. Si l’on observe le box office 2012 aux USA, on constate que les 7 premières places sont occupées par des adaptations de succès littéraires. On retrouve ici la théorie de l’aversion au risque de Daniel Bernoulli : pour ne pas décevoir le public, mieux vaut lui donner ce qu’il connaît déjà. De la sorte, la littérature populaire constitue un ADN de choix pour les producteurs de films. Toutefois, il va de soi que la réussite n’est pas forcément au rendez-vous. On connaît de nombreuses adaptations qui ont fait un flop retentissant. Une des clefs du succès réside dans le travail du show runner qui s’assure que ce qui se fait avec l’adaptation cinématographique reste en accord avec l’univers et les valeurs de l’auteur. Un autre paramètre qui entre en ligne de compte (surtout dans la production de séries), c’est la mobilisation du neuromarketing comme boîte à outils. Il s’agit là d’une toute nouvelle discipline aux potentiels considérables. Ce qui distingue également le travail d’écriture dans le cas d’une adaptation filmique autant que dans celui d’une série, c’est le travail en équipe d’un team d’écrivains. Là où, dans le cinéma d’auteur, c’est une seule et même personne qui écrit son histoire, dans le cas d’adaptations et de séries, c’est un ensemble d’auteurs qui collaborent. Ce qui permet d’élever considérablement la qualité d’écriture.

Au-delà des romans et de leurs adaptations cinématographiques, le marketing s’emploie également à créer un univers à part entière autour de l’œuvre. Cela s’inscrit dans le prolongement de la démarche en terme de "branding". Harry Potter devient une marque déclinable à l’infini (jeux, marchandising, produits dérivés, etc.). Ce travail de mythification se poursuit jusqu’à inclure l’auteure elle-même, qui devient à son tour le personnage de sa propre histoire. Les fans sont nourris d’anecdotes et de détails qui, s’ils ne sont pas nécessaires à la compréhension de l’œuvre, leur permettent de se sentir d’autant plus proches, et donc concernés par celle-ci. Le même rapport s’établit avec les acteurs des films, dont les faits et gestes hors écrans deviennent partie intégrante de la grande histoire qui entoure Harry Potter.

Pour accentuer l’impact des films, il est également d’usage de faire mousser la polémique entre fans et détracteurs de la série. Ainsi, si des gens critiquent et dévalorisent leur série, les fans vont être galvanisés encore davantage pour la défendre. Ce qui est ici en jeu, c’est la pyramide que constitue l’audience d’une série, au sommet de laquelle se trouvent les fans inconditionnels (les otaku) qui, par leur ferveur, vont influer sur leur entourage et amener davantage de personnes à s’intéresser à cet univers particulier.

A partir de là, les campagnes marketing peuvent devenir beaucoup plus imaginatives, originales et créatives. Il en va ainsi par exemple de ce que l’on nomme les "fan fictions", qui consistent en une réappropriation par les fans qui créent à leur tour quelque chose à partir de l’univers d’Harry Potter. La diffusion aisée sur différents canaux de communication virtuelle favorise le développement de ce type d’activité. Plus fort : l’implication directe des fans das les campagnes publicitaires home-made (exemple : la nouvelle saison de The Voice Belgique) ou, plus souvent, pseudo home-made. L’idée est de répercuter la passion des fans inconditionnels afin de faire venir de nouveaux fans/spectateurs. Il s’agit d’une tendance qui est amenée à se développer à l’avenir. Il n’est pas exclu de voir, par exemple, les fans participer à l’écriture d’un épisode ou d’une partie de celui-ci. Il s’agit de développer l’aspect ludique du rapport à une série, à une œuvre particulière.

Le côté cocasse, et particulièrement évocateur, de la très belle et très instructive présentation de Vitold Grand’Henry est que, dans l’assistance, était présente une fan inconditionnelle d’Harry Potter. Et, à son corps défendant, elle incarna superbement toute la puissance de persuasion dont a été capable le discours marketing sur sa propre personne.

Sylvain Isaac

Sixième quizz de la grande série de quizz que vous propose actuellement PointCulture/la Médiathèque à l’occasion de la thématique À suivre…. Cette semaine, les "ados"!

Misfits 1-2-3Cette semaine,  le quizz est basé sur la thématique de l’adolescence, les séries pour ados et les ados dans les séries.

Pour les participants à la version concours du quizz sur Facebook, nous avons prévu un coffret des trois premières saisons de la série Misfits.

Un plus gros prix récompensera par ailleurs le participant le plus brillant sur l’ensemble des quizz de la deuxième à la huitième semaine (du 17 avril au 29 mai, donc).

Bonne chance et bon amusement !

Quatre chanteurs, quatre albums …bientôt disponible dans votre PointCulture de Louvain-La-Neuve

Carl et les hommes boîtes : entre slam, rap et sons étranges. Puissant et frémissant. Accompagnés sur deux morceaux par Castus et par BRNS sur le titre « Autour du Lac ».
Nouvel album « La paroi de ton ventre » Humpty Dumpty Records (Sortie: 2013/04/22)

Autour du Lac
Mathieu Boogaerts : de la chanson douce, drôle et un peu triste. Charmant personnage. Pour une concert d’1h30 accompagné d’une guitare et d’un piano. Drôle et touchant.
Nouvel album « Mathieu Boogaert » TOT OU TARD, 2012. (Disponible dans les bacs nouveautés chansons française : NB6218)

Mon rendez-vous
Bertrand Belin : du changement par rapport à la perfection de « Hypernuit » mais toujours aussi classe. Moins de mots pour de nouvelles sensations.
Nouvel album « Parcs » (sortie le 27/05/2013)
http://www.bertrandbelin.com/ (extrait « un déluge »)

Album trailer #3
Veence Hanao : le rappeur bruxellois direct, lucide et pénétrant. Présence incroyable. Concert parfait pour un album exemplaire.
Nouvel album « Loweina Laurae » (sortie le 21/02/2013)

J’espère Et J’exècre

Alix Hubermont

barbarians
Nouveauté dans les bacs à suggestion : une petite sélection improbable de quelques DVD’s et bandes originales de films d’exploitations, de série B et d’autres petites perles kitsch.

L’appellation « films d’exploitations » désigne des films souvent indépendants et à petit budget qui exploitent les interdits et les tabous de nos sociétés. Ils se déclinent en sous-genres : Blaxploitation (culture afro-américaine), Sexploitation (cinéma érotique), Nonnesploitation (Sexploitation mettant en scène des nonnes), Nazisploitation, pour n’en citer que quelques-uns. Appelé parfois paracinéma ou cinéma Bis, ce genre connait depuis les années 90 un véritable engouement de la part des cinéphiles.

Le réalisateur Quentin Tarantino revendique clairement l’influence de ce genre dans son cinéma, c’est pourquoi cette sélection commence par quelques-unes de ses BO – compilations de titres délirants dont il a le secret – : Pulp Fiction (1994) (YP9679), Jackie Brown (1997) (YJ0097), suivi de Kill Bill (2003-2004) (YK2852), de Death Proof (Le boulevard de la mort) (2007) (YD3060) et d’Inglourious Basterds (2009) (YI5130).  La musique occupe une place prépondérante dans la réalisation de ses films comme il le précise dans une interview accordée au New York Times (décembre 2013) : « [...] j’ai une énorme collection de disques que je range dans une pièce spéciale à côté de ma chambre [...] C’est une partie importante de mon travail de réflexion. Quand je suis prêt à écrire un nouveau film, ou que je pense à une histoire et que je pars de zéro, je vais dans cette pièce et essaye de trouver de la musique pour le film – d’autres BO, des chansons, peu importe. Lorsque je trouve quelques morceaux, je m’approche un peu plus de la concrétisation du film. Qui sait si deux ou trois chansons finiront dans le film ? Mais ça me permet d’avancer. »

La mise en évidence s’attarde ensuite sur quelques films d’exploitations « classique ». L’ « Horror/ exploitations » ouvre le bal :

Avant tout chose, quelques thèmes de films d’horreur des années cinquante à nos jours avec Horror film theme (Y 8641). Ensuite, direction l’Italie où un genre nouveau appelé « giallo » émerge dans les années 60. Le « giallo » est un genre à la frontière entre le cinéma policier, le cinéma d’horreur, le fantastique et l’érotisme. Ces grands représentants sont Mario Bava et Dario Argento dont les films se caractérisent par de grandes scènes de meurtres excessivement sanglantes, un jeu de caméra très stylisé et une musique inhabituelle.

Pour introduire l’Italie, la compilation Cinecoktail qui reprend les enregistrements de 1967-1978 de musiques de films italiens (Y 0355).

Ensuite, on retrouve les BO de Black Sabbath (1963) et de Hatchet for the Honeymoon (1970) (Y 0239) deux films de Mario Bava.images

Suivi du best of du groupe progressif italien « Goblin » (Y 4057) qui furent les interprètes favoris des films de Dario Argento. Leur collaboration commence avec Profondo Rosso (1975) (les frissons de l’angoisse) (YP8813). Composé en une nuit et enregistré en une journée, cet album connaîtra un succès retentissant atteignant la première place des ventes d’albums et de singles en Italie.

profondo_01

Le groupe « Goblin » s’associera aussi au réalisateur controversé Joe d’Amato pour Buio Omega (Blue Holocaust) en 1979 (YB9369). Ce réalisateur italien est réputé pour produire des séries B dans le genre « à la mode » du moment. Bien qu’il tourne quelques westerns spaghetti au début des années 1970 et quelques films d’horreur, c’est surtout l’érotisme qui reste le fil rouge de sa carrière.

En forme de conclusion du « giallo », la BO du film Berberian Sound studio (2012) (XB834Z) de Peter Strickland, hommage ingénieux au « giallo » italien et à ces grands représentants Bava et Argento. La bande-son est signée par le groupe de musique électronique britannique Broadcast. L’histoire – un ingénieur de son anglais sombrant progressivement dans la folie durant le tournage d’un film d’horreur italien – a été l’occasion pour le groupe BarberianSoundStudiod’associer leur fascination pour la musique électronique des pionniers anglais à celle des compositeurs italiens comme Ennio Morricone.

Poursuivons avec le « Maître de l’Horreur », John Howard Carpenter, qui s’avère être aussi compositeur de la musique de la plupart de ses films. C’est le cas de la BO du Prince of Darkness (1987) (YP8139). Bien que le film s’apparente à la série B, notamment par le casting, les maquillages et certains dialogues, il est très abouti au niveau de l’ambiance lourde et menaçante qui s’en dégage et il est souvent considéré comme le meilleur de Carpenter. L’ambiance est accentuée sans aucun doute par la musique composée aux synthétiseurs avec Alan Howarth. Une musique qui a sans doute vieilli mais qui reste parfaitement effrayante.

Enfin, la BO du film Mad doctor of blood Island (1968) (YM0318) du philippin Eddie Roméro, une BO de Bruno Nicolaï pour un film de l’espagnol Jess Franco Les cauchemars naissent la nuit (1970) et d’un film de William Lustig  Maniac (1980)(YM2111).

Quelques films à visionner

The Howling (Hurlements) (1981) de Joe Dante (VH7204) : premier film à présenter une métamorphose (sans effet numérique!) de loup-garou dont le résultat n’est pas simplement un acteur grimé mais une créature plus « inquiétante ». On considère que c’est le film qui a remis les loups-garous au goût du jour.HowlingManiac (1980) de William Lustig (VM1191) : enquête autour d’un serial killer collectionneur de scalps !Serial auto stopper (2005-2006) de Larry Cohen (VM1296) : 11e épisode de la saison 1 de la série « Masters of Horor » (anthologie d’histoires horrifiques ou fantastiques réalisées par des grands noms du cinéma d’épouvante). Confrontation de deux tueurs en série, deux générations, quand « Hannibal » rencontre « American Psycho » au pays de « Massacre à la tronçonneuse » !

Hell of the living Dead (Virus Cannibale) de Bruno Mattei, énorme nanar. L’ « œuvre » de Mattei compte de nombreux films d’exploitation, que ce soit le genre post-apocalyptique, l’horreur cannibale ou le simple copiage de film à grand succès. Selon nanarland.com : « Ce qu’il y a de bien avec Bruno Mattei c’est qu’on n’est jamais déçu : quelque soit le genre auquel il s’attaque, quelque soit le film qu’il fasse, c’est un nanar. Depuis Ed Wood on n’avait jamais vu un réalisateur rendre aussi systématiquement ridicule tout ce qu’il entreprend. Comme en plus il passe son temps à copier des grosses productions américaines avec des budgets dérisoires (Prédator / Robowar, Les Dents de la mer / Cruel Jaws, Rambo II / Double Target), le résultat est toujours tordant ».

 

Passons maintenant aux choses sérieuses : Les films de sexploitation !

On se situe toujours dans des productions indépendantes à petit budget, dans les années 60 en particulier, qui exploitent des situations sexuelles non explicites et des nudités gratuites.  Les « nudies » – films mettant en scène des corps nus dans le but d’exciter le voyeurisme du spectateur – sont à mettre dans cette catégorie de films d’exploitation.

Russ Meyer est considéré comme l’inventeur de ce genre nouveau « nudie ». Avec Le Désir dans les tripes (1965) et Pussycat ! Kill ! Kill !(1965) (VF0666) il impose son propre style, celui d’aventures pimentées de violences et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée. Exploration illustrée dans sa trilogie « kitchissime » Supervixens (VS7491) (1975), MegaVixens (1976) et Ultravixens (1979) qui suit les péripéties de nymphomanes vengeresses.

Vixens

On retrouve à nouveau Joe d’Amato avec la BO (1998) de Piero Piccioni pour la série de films de Black Emanuelle (YB4188). Librement inspirée par le film érotique français Emmanuelle réalisé par Just Jaeckin en 1974.

Enfin, le réalisateur espagnol Jess Franco réalise en 1970 Vampyros Lesbos dont la bande son composée par Manfred Hübler et Sigi Schwab – initialement composée pour les pistes de danse – est considérée comme une des meilleures du genre, à tel point qu’elle est devenue presque plus culte et incontournable que le film lui-même. Quentin Tarantino reprendra le titre « The lion and the cucumber » pour la bande originale de Jackie Brown.

Venons-en ensuite à la Blaxploitation qui sévit au cours des années 70 et aspire à la revalorisation de l’image des afro-américains.

baadassss

On considère que le premier film du genre est celui de Melvin Van Peebles Sweet sweetback’s baadass song (1971) (YS9824). La bande son a été composée par le réalisateur qui fit appel au groupe de musique Earth, Wind and Fire créant ainsi l’alliance entre musique et cinéma noirs. La bande originale devint un argument publicitaire pour promouvoir le film. Cette dernière est un mélange étonnant de gospel, de jazz et de dialogues du film.

James Brown signe la bande son du film Black Caesar (1973) de Larry Cohen, d’une manière peu orthodoxe étant donné qu’il expédia les musiques du film sans avoir pris la peine de le visionner ! Vient ensuite, bien plus tard, en 1996, la BO d’Original Gangstas (YO6532) du même Larry Cohen qui mélange hip hop et R&B.

Pour achever cette sélection en beauté, plongeons nous dans une partie de l’œuvre du « Baron of bad taste », John Waters.

Au sommet du kitsch on retrouve Cry Baby (1990) (YC9668), une comédie musicale qui nous plonge dans les années 50 avec une bande-son qui alterne chansons inédites (écrites et interprétées à la manière des années 1950) et reprises. Vient ensuite la bande originale de Hair spray (1988) (YH0127) qui fait se succéder des tubes des années 60.Cry baby

Dans un autre registre, on retrouve Serial Mom (1994) (YS2036) qui suit les péripéties criminelles d’une mère très protectrice ; plusieurs interprètes se succèdent autour des compositions de Basil POLEDOURIS. Enfin la BO de Cecil B. Demented (2000) (YC2193) –  une célèbre star hollywoodienne est kidnappée par un réalisateur underground et ses adeptes « les réalisateurs kamikazes », afin de la faire jouer dans un film anti-commercial – qui réunit toutes sortes d’interprètes, passant par un peu d’électro, du rap hardcore et du métal.

En plus …

Conan the Barbarians, dont la bande originale a été composée, en 1982, par Basil Poledouris et est considérée comme une de ses plus belles réussites.

The Barbarians (1987) réalisé par Ruggero et considéré par le site de nanarland.com comme “une sorte de chef-d’œuvre de mauvais goût années 80, une dégénérescence ultime du bis italien dans une overdose de kitsch sans complexe” doit beaucoup semble-t-il à sa bande originale extrêmement ringarde.

Et la bande originale de Barry De Vorzon pour The Warriors (Les guerriers de la nuit) de Walter Hill sorti en 1979, sur une guerre des gangs à New York.

Enfin deux bandes-son des films d’Harmony Korine, Gummo et Mister Lonely, qui développent un style particulier caractérisé par le choix d’acteurs débutants et des moyens techniques rudimentaires.

Quelques films à visionner

Pink Flamingo de John Waters : film culte volontairement trash. On y retrouve parmi d’autres l’acteur fétiche de John Waters toujours sous les traits de Divine, qui lutte pour maintenir son statut de « personne vivante la plus immonde ».

The Little shop of horrors (1986) : une comédie musicale délirante réalisée par Frank Oz d’après une comédie musicale Off-Broadway. + la BO (YL6203)

 

Bon amusement !

Alix Hubermont

Du 10 avril au 29 mai, tout au long de la thématique À suivre… que vous propose la Médiathèque/PointCulture, vous pouvez participer au grand quizz "Séries télé" qui en est au cinquième épisode.

SériscopieCette semaine, à l’occasion du weekend Are You Series? au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (10-12 mai 2013), le quizz évoque la programmation de l’événement.

DécoderPour récompenser les vainqueurs de la version concours du quizz sur Facebook, nous avons sélectionné deux livres par deux des invités du weekends : Sériscopie – Guide thématique des séries télé par Marjolaine Boulet (avec Pierre Sérisier et Joël Bassaget) et Décoder les séries télé par Sarah Sépulchre.

Un plus gros prix récompensera par ailleurs le participant le plus brillant sur l’ensemble des quizz de la deuxième à la huitième semaine.

Bonne chance et bon amusement !

En guise d’échauffement avant leur concert de ce 07 mai à la Ferme du Biéreau, les trois membres de RMS étaient de passage dans notre PointCulture ce 24 avril.

Organisé dans l’urgence en partenariat avec IAD Music et Classic 21, ce fut l’occasion pour la vingtaine de personnes présentes de découvrir ce tout jeune projet originaire des Ardennes dans des conditions auxquelles ils n’étaient guère habitués. En effet, même si le groupe a plus l’habitude de proposer son rock aux accents bluesy avec un équipement composé d’instruments électriques et d’une batterie, ils nous auront offert un concert impeccable, remplaçant la traditionnelle batterie par un cajun, ce qui nous aura entre autres permis de découvrir la facilité avec laquelle leur jeune batteur aura adapté ses compositions sans en perdre une miette au niveau de l’énergie.

Composé de morceaux issus de leur premier et très recommandable album "Right now" et de quelques reprises impeccablement exécutées, leur set aura mis tout le monde d’accord quant à la qualité et à l’avenir musical brillant qui attend ce trio qui ne dépasse pas les 20 ans de moyenne d’âge!

Déjà repérés par Marc Isaye qui en a fait ses chouchous, ils seront en concert ce 7 mai à la Ferme du Biéreau pour IAD Music avant d’ouvrir pour Machiavel et Roger Hodgson (Supertramp) début juin à Durbuy! Pas mal d’autres dates sont par ailleurs d’ores et déjà prévues à leur agenda pour cet été!

 

 

Pour en savoir plus et garder un oeil sur ces nouveaux talents:

https://www.facebook.com/rmsmusic

http://www.myspace.com/rmsofficial

Jérôme Henriette

Le grand quizz que la Médiathèque/PointCulture vous propose depuis le 10 avril dernier est entré dans sa quatrième semaine! Celui-ci prend place dans le cadre de la thématique À suivre….

TremeCette semaine, à l’occasion de l’exposé d’Emina Alickovic sur "Treme et la musique de la Nouvelle-Orléans", le quizz est consacré aux productions de la HBO. Pour les participants vainqueurs de la version concours du quizz sur Facebook, nous avons sélectionnés les coffrets DVD des deux premières saisons de Treme.

Un plus gros prix récompensera par ailleurs le participant le plus brillant sur l’ensemble des quizz de la deuxième à la huitième semaine.

Bonne chance et bon amusement!

Malagoli à LLNLa médiathèque de Louvain-la-Neuve accueille en ce moment une série d’œuvres de Malagoli. Lors du vernissage de cette exposition, qui fut l’occasion d’une belle fête en l’honneur de l’artiste et de son travail, Malagoli a répondu aux questions d’un journaliste de L’Avenir, qui a rédigé un très bel article que vous trouverez ici!

Cette exposition est encore visible jusqu’au 15 mai prochain. Vous êtes bien entendu toutes et tous les bienvenus!

Sylvain Isaac

Grand quizz "Séries télé" (3)

Publié: 26 avril 2013 dans Uncategorized
Troisième semaine, et troisième quizz autour des séries télé! Toujours organisé par PointCulture/La Médiathèque dans le cadre de la thématique actuelle À suivre….

Mildred_PierceCette semaine, quinze questions sur les rapports séries TV et cinéma. Pour les participants à la version concours du quizz sur Facebook, nous avons prévu comme prix de la semaine le coffret DVD de la superbe mini série Mildred Pierce de Todd Haynes. Une série non sans rapports avec l’histoire du cinéma… Mais nous n’en dirons pas plus : c’est justement une des questions de ce quizz!

Bonne chance à toutes et tous, et amusez-vous bien!

La 10e livraison du magasine que nous avons à nouveau concocté pour tous les curieux et curieuses que vous êtes vient de paraître. Disponible dans toutes les médiathèques/PointCulture, dans divers centres culturels, vous pouvez également consulter Détours sur le net (ici!) et le télécharger pour vos tablettes et téléphones sur Google Play et sur l’App Store.

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Usez et abusez de nos commentaires, chroniques, références, lexiques : nous les concevons pour votre plus grand plaisir dans l’esprit de découvertes tous azimuts qui est celui de la Médiathèque : sortir des sentiers battus, voyager transversalement à l’intérieur du monde des sons et des images, mettre et se mettre en question à travers ce que l’on entend et ce que l’on voit, prendre conscience, réagir, partager…

Un plus en encart : La Sélec,  dont l’équipe de rédaction vous concocte des dossiers associant l’informatif et l’imaginaire, le didactique et l’interprétation libre, de quoi brasser ce qui marque et fait sens ! Ce mois-ci, dans le prolongement de la thématique sur les séries télé "A suivre – Récits en séries", le dossier de La Sélec s’intéresse au format sériel pour le petit écran.

Aux enseignants, Détours réserve une rubrique entièrement consacrée aux activités du Service éducatif de La Médiathèque. Une autre rubrique s’adresse aux familles avec des propositions de musiques, de films, de jeux à découvrir ensemble. Un mini-dossier en début de magazine dresse le panorama d’un genre, d’un style musical, ou esquisse un portrait.

Enfin, l’Agenda détaille les Rendez-vous organisés pour tous dans les médiathèques sur les sujets musicaux et cinématographiques les plus divers et passionnants !