Gilles Lederman : Comment sortir du brouillard (le secteur de la musique en mutation)

Le secteur de la musique est en pleine réorientation. La baisse des ventes physiques et la progression timide des revenus sur les plateformes de téléchargement légal ne permettent pas encore de renouer avec un marché en croissance. Dans le domaine du spectacle vivant, l’offre est vaste mais la fréquentation des salles de spectacle est en baisse. Face aux difficultés, les artistes et le secteur musical innovent avec de nouveaux modèles économiques. Quelles pistes suivre pour retrouver un secteur musical en pleine santé ?

Le sujet proposé par Gilbert Lederman avait de quoi séduire. Un acteur important de la scène musicale belge, Gilles Lederman est responsable du département francophone chez Universal Belgique. Sur un sujet aussi fondamental que la restructuration du secteur musical, il a attiré un public nombreux à la Médiathèque de Louvain-la-Neuve.

Gilles Lederman

Dans son préambule, Lederman rappelle que la musique touche tout le monde. Et que si, dans une crise, il y a du danger, il y a aussi des opportunités. Ensuite , notre orateur a construit son intervention autour de trois axes : l’artiste, le public et le marché.

L’artiste. Sans lui, il n’y a rien. Mais dans un monde où tout est copiable, la « marque » est la seule chose qui ne le soit pas. La marque d’un artiste, c’est son univers, son histoire, ses valeurs.

Le public n’achète pas une chanson, il achète une émotion. Et l’acte d’achat est la résultante de trois verbes généraux : connaître, avoir confiance, aimer. La technologie a fortement fait évoluer les comportements. Elle a permis que le public se sente à un feu de camp autour duquel on se raconte des histoires. Gilles Lederman met en parallèle l’auditeur des années ’90 qui entendait une chanson le matin et qui la ré-entendait le soir sans connaître son titre et celui d’aujourd’hui qui entend une chanson le matin, qui trouve son titre via Google et visionne le clip sur You Tube ; puis il s’informe sur l’artiste via Wikipedia, télécharge la chanson, la retravaille sur son PC et installe le remix sur son compte Facebook et envoie un message via Twitter pour en faire la publicité parmi ses amis.

Tout est marché, parce que tout est échange, rappelle Gilles Lederman au début de la 3e partie de son intervention. Et la seule chose qui soit stable, c’est le changement. La dématérialisation amène un plus grand choix, mais aussi une plus grande frustration: le manque de satisfaction d’avoir fait le bon choix. La multiplication des canaux entraîne une reconfiguration des lieux d’influences. Les hit-parades ne se constituent plus uniquement sur les ventes, mais sur la notoriété sur les blogs, Twitter ou Facebook. L’artiste qui réussit est celui qui parvient à être dans le Zeitgeist, l’esprit du temps, à répondre à l’attente du public.

Benoit van langenhove

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