Petit voyage dans les comédies musicales de 1920 à la fin des années 1970

La collection » musique de film » des médiathèques regorge de découvertes. Cette mise en évidence vous propose de (re)découvrir des comédies musicales anglo-saxonnes depuis les années 20 à la fin des années 1970. Embarquez dans l’épopée des « Musical » depuis les comédies légères des années vingt, en passant par les innovations des années trente, nées de l’entrée en compétition du cinéma parlant. Plongez dans l’âge d’or des années 40 à 60 et ses grands classiques, rebondissez sur les « blockbusters » des années 60 et atterrissez sur les comédies musicales rocks des années 70 – encouragées par le succès de l’incroyable « Hair » !

Laissez-vous entraîner par des comédies musicales tantôt sentimentales ou kitsch, tantôt drôles ou émouvantes, tantôt engagées ou tragiques ! Chaque comédie musicale de cette sélection tente d’apporter à sa manière un élément de compréhension à l’histoire de cette épopée.

Une définition… La comédie musicale est un genre théâtral mêlant le chant, la comédie et la danse. Distinguons les comédies musicales des films musicaux, car si la plupart de ces spectacles musicaux ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique, ce n’est pas le cas de toutes les productions.

Une Histoire… On peut considérer que la première forme de comédie musicale est née au 19e siècle en Angleterre. Bâties sur le « music hall » – bien souvent des adaptations d’opérettes françaises – et les petites revues populaires, le « burlesque », ces premières productions étaient vulgaires et de piètre qualité. Petit à petit le succès qu’elles ont engendré conduit à une amélioration globale, les danseuses et chanteuses ne sont plus sélectionnées exclusivement pour leurs physiques plantureux, dorénavant les compétences scéniques et vocales comptent !

… américaine ? A partir des années vingt, le lieu de création se déplace depuis la Grande Bretagne aux Etats-Unis pour y devenir une spécificité américaine. Le musicologue Andrew Lamb explique ce phénomène de la manière suivante :  » C’est en Amérique qu’un style de comédies musicales plus directes a émergé, et c’est en Amérique que ce style a pu s’épanouir, dans une société moins sclérosée par la tradition du XIXe siècle.  »

Les productions des années vingt se caractérisent par leur légèreté et leur insouciance, l’intrigue occupe un rôle secondaire, ce qui compte avant tout ce sont les chansons et la star. De nombreuses chansons de cette époque deviennent des standards de la musique américaine. En 1924 la comédie No, No Nanette de Vincent YOUMANS, pourvoira des tubes comme « Tea for Two » (internationalement connu) et « I want to be Happy » et les vedettes de Funny Face des frères Gershwin en 1927, ne sont autres que Fred Astaire et sa sœur Adèle.

La chanson « Tea For Two » devient un code de reconnaissance dans la Grande Vadrouille…

Cependant un changement s’opère avec Show Boat (Kern et Hammerstein II) la même année, l’intrigue – habituellement secondaire – est au centre, tout la supporte, la musique, la mise en scène, le dialogue et la danse ! Mais surtout, le spectacle s’organise autour d’une thématique sociale qui inclut des préjugés raciaux. Show Boat est considéré comme un chef d’œuvres de la comédie musicale américaine.

Les années trente sont celles qui voient l’arrivée du cinéma parlant, les comédies musicales tiennent bon, et même, elles se dégagent progressivement des romances sentimentales, des gags et des « showgirls ». Si le style insouciant des années précédentes se perpétue avec des Anything goes (1934) de Cole Porter ou Babes in arms de Hart et Rodgers, d’autres comédies s’aventurent du côté des innovations développées par Show Boat. En 1931, les frères Gershwin réalisent Of Thee I Sing, une satire politique qui obtiendra – pour la première fois dans le monde des comédies musicales – le Pulitzer Prize for Drama.

La décennie qui suit fait entrer ce genre théâtral dans son âge d’or, celui des années 1940 à 1960. Oklahoma ! née de le collaboration de Hammerstein et Rodgers, illustre cette évolution, c’est avec elle que la comédie musicale moderne est née ! Tout – les chansons, les danses, les ballets, la chorégraphie – concourt pour faire vivre l’intrigue !

Oh What a Beautiful Morning !

Le duo Hammerstein et Rodgers fera naître de leur collaboration une série de grands classiques, admirés par tous, Carousel en 1945, The South Pacific en 1949, The King and I en 1951 et l’incontournable  The Sound of Music de 1959. Mais ce ne sont pas les seuls, Leonard Bernstein compose On the Town en 1944, Irving Berlin compose Annie Get your Gun en 1946, Cole Porter compose Kiss me, Kate en 1948, une adaptation musicale de la « Mégère apprivoisée » de Shakespeare et Burton Lane compose Finian’s Rainbow en 1947 qui traite de sujets raciaux au cœur d’un univers fantastique irlandais.

La plupart des comédies de l’âge d’or a pour points communs de traiter de sujets relativement sérieux et de se faire le reflet du rêve américain. Grosso modo ce rêve américain se décline autour des perceptions selon lesquelles, l’Amérique incarne un esprit indépendant et pionnier où chacun peut atteindre la prospérité à force de détermination et de courage, où la femme doit se cantonner à son rôle d’épouse au foyer et le couple marié vit de préférence en banlieue.

Les années cinquante sont celles des grands classiques que sont My Fair Lady (1956) de Lerner et de Loewe, de The Boy Friend de Sandy Wilson créé à Londres en 1954 et de West Side Story (1957) du compositeur Leonard Bernstein. La période s’achève sur The Sound of Music, dont la version cinématographique en 1965 fera d’elle la comédie musicale la plus populaire de l’histoire.

Cette époque voit l’apparition des « off-Broadway », des comédies musicales au format plus petit, qui souhaitaient se libérer des orientations jugées trop commerciales des théâtres de Broadway. Parmi  elles, la comédie Jacques Brel is alive and Well and Living in Paris réalisée en 1968 par Mort Schuman, cette dernière constituera – pour la plupart des anglophones – le premier contact avec l’œuvre de Brel et contribuera à sa réputation en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Enfin, la création des années 60 et 70 sera dominée par Jerry Herman et Stephen Sondheim. Le premier devient le maître du blockbuster avec Hello Dolly !en 1964, et Mame en1966. A la fois auteur et compositeur, beaucoup de ses chansons sont devenues des standards populaires. Le second explore le côté sombre des comédies musicales avec Follies (1971) et A little Night Music de 1973. Et en 1966 John Kander et Fred Ebb créent Cabaret.

Cette décennie s’achève avec la première comédie musicale « rock » HAIR de Galt MacDermot. Ce spectacle est novateur à tous points de vue, il pose les bases du nouveau genre “rock musical” et met en scène des opinions controversées issues de la contre culture hippie.  Il aura un énorme succès.

Les  années 1970 seront celles de l’ère des comédies musicales rock. En 1971, deux productions aux sujets religieux se basent sur des influences pop/rock. Jesus Christ Superstar, d’Andrew Lloyd Webber et  Tim Rice – sortie d’abord sous la forme d’un album avant d’être portée sur scène à Broadway – et Godspell de Stephen Schwartz et John-Michael Tebelak. Enfin en 1971 Grease de Warren Casey et Jim Jacob’s suivie en 1975 par A Chorus Line qui engendra un succès sans précédent.

Parmi toutes ces comédies musicales, n’hésitez pas à écouter MASS de Leonard Bernstein, cette « Messe, pièce de théâtre pour chanteurs, acteurs et danseurs » est une œuvre de commande à l’occasion de l’inauguration en 1971 du John F. Kennedy Center for the Performing Arts à Washington. Il s’agit d’une œuvre hybride basée sur la forme du rite romain mêlant avec exubérance différents styles de musique. Une œuvre surprenante !

Bonne aventure !

Alix Hubermont

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