« Entre films d’exploitation et série B » Quelques Bandes originales et films – Pot pourri

barbarians
Nouveauté dans les bacs à suggestion : une petite sélection improbable de quelques DVD’s et bandes originales de films d’exploitations, de série B et d’autres petites perles kitsch.

L’appellation « films d’exploitations » désigne des films souvent indépendants et à petit budget qui exploitent les interdits et les tabous de nos sociétés. Ils se déclinent en sous-genres : Blaxploitation (culture afro-américaine), Sexploitation (cinéma érotique), Nonnesploitation (Sexploitation mettant en scène des nonnes), Nazisploitation, pour n’en citer que quelques-uns. Appelé parfois paracinéma ou cinéma Bis, ce genre connait depuis les années 90 un véritable engouement de la part des cinéphiles.

Le réalisateur Quentin Tarantino revendique clairement l’influence de ce genre dans son cinéma, c’est pourquoi cette sélection commence par quelques-unes de ses BO – compilations de titres délirants dont il a le secret

  • Pulp Fiction (1994) (YP9679),
  • Jackie Brown (1997) (YJ0097),
  • Kill Bill (2003-2004) (YK2852),
  • Death Proof (Le boulevard de la mort) (2007) (YD3060)
  • Inglourious Basterds (2009) (YI5130).

La musique occupe une place prépondérante dans la réalisation de ses films comme il le précise dans une interview accordée au New York Times (décembre 2013) : « […] j’ai une énorme collection de disques que je range dans une pièce spéciale à côté de ma chambre […] C’est une partie importante de mon travail de réflexion. Quand je suis prêt à écrire un nouveau film, ou que je pense à une histoire et que je pars de zéro, je vais dans cette pièce et essaye de trouver de la musique pour le film – d’autres BO, des chansons, peu importe. Lorsque je trouve quelques morceaux, je m’approche un peu plus de la concrétisation du film. Qui sait si deux ou trois chansons finiront dans le film ? Mais ça me permet d’avancer. »

La mise en évidence s’attarde ensuite sur quelques films d’exploitations « classique »

« Horror/ exploitations »

  • Horror film theme (Y 8641) : Quelques thèmes de films d’horreur des années cinquante à nos jours

 

Ensuite, direction l’Italie où un genre nouveau appelé « giallo » émerge dans les années 60. Le « giallo » est un genre à la frontière entre le cinéma policier, le cinéma d’horreur, le fantastique et l’érotisme. Ses grands représentants sont Mario Bava et Dario Argento dont les films se caractérisent par de grandes scènes de meurtres excessivement sanglantes, un jeu de caméra très stylisé et une musique inhabituelle.

  • Cinecoktail (Y 0355) : Pour introduire l’Italie, la compilation qui reprend les enregistrements de 1967-1978 de musiques de films italiens.

 

Deux BO des films de Mario Bava:

  • Black Sabbath (1963) et Hatchet for the Honeymoon (1970) (Y 0239)

 

 

Le groupe progressif italien « Goblin » ont été les interprètes favoris des films de Dario Argento.

  • Best of  (Y 4057)
  • Profondo Rosso (1975) (les frissons de l’angoisse) (YP8813) : Première collaboration avec le réalisateur. Composé en une nuit et enregistré en une journée, cet album connaîtra un succès retentissant atteignant la première place des ventes d’albums et de singles en Italie.

profondo_01

Le groupe « Goblin » s’associera aussi au réalisateur controversé Joe d’Amato pour

  • Buio Omega (Blue Holocaust) (1979) (YB9369)

Ce réalisateur italien est réputé pour produire des séries B dans le genre « à la mode » du moment. Bien qu’il tourne quelques westerns spaghetti au début des années 1970 et quelques films d’horreur, c’est surtout l’érotisme qui reste le fil rouge de sa carrière.

En forme de conclusion du « giallo »

  • Berberian Sound studio (2012) (XB834Z) de Peter Strickland : hommage ingénieux au « giallo » italien et à ces grands représentants Bava et Argento. La bande-son est signée par le groupe de musique électronique britannique Broadcast. L’histoire – un ingénieur de son anglais sombrant progressivement dans la folie durant le tournage d’un film d’horreur italien – a été l’occasion pour le groupe BarberianSoundStudiod’associer leur fascination pour la musique électronique des pionniers anglais à celle des compositeurs italiens comme Ennio Morricone.

 

Poursuivons avec le « Maître de l’Horreur », John Howard Carpenter, qui s’avère être aussi compositeur de la musique de la plupart de ses films.

  • Prince of Darkness (1987) (YP8139). Bien que le film s’apparente à la série B, notamment par le casting, les maquillages et certains dialogues, il est très abouti au niveau de l’ambiance lourde et menaçante qui s’en dégage et il est souvent considéré comme le meilleur de Carpenter. L’ambiance est accentuée sans aucun doute par la musique composée aux synthétiseurs avec Alan Howarth. Une musique qui a sans doute vieilli mais qui reste parfaitement effrayante.

 

En plus,

  • Mad doctor of blood Island (1968) (YM0318), un film du philippin Eddie Roméro
  •  Les cauchemars naissent la nuit (1970), un film de l’espagnol Jess Franco, une musique de Bruno Nicolaï
  • Maniac (1980)(YM2111), un film de William Lustig
Quelques films à voir

The Howling (Hurlements) (1981) de Joe Dante (VH7204) : premier film à présenter une métamorphose (sans effet numérique!) de loup-garou dont le résultat n’est pas simplement un acteur grimé mais une créature plus « inquiétante ». On considère que c’est le film qui a remis les loups-garous au goût du jour.HowlingManiac (1980) de William Lustig (VM1191) : enquête autour d’un serial killer collectionneur de scalps !Serial auto stopper (2005-2006) de Larry Cohen (VM1296) : 11e épisode de la saison 1 de la série « Masters of Horor » (anthologie d’histoires horrifiques ou fantastiques réalisées par des grands noms du cinéma d’épouvante). Confrontation de deux tueurs en série, deux générations, quand « Hannibal » rencontre « American Psycho » au pays de « Massacre à la tronçonneuse » !

Hell of the living Dead (Virus Cannibale) de Bruno Mattei, énorme nanar. L’ « œuvre » de Mattei compte de nombreux films d’exploitation, que ce soit le genre post-apocalyptique, l’horreur cannibale ou le simple copiage de film à grand succès. Selon nanarland.com : « Ce qu’il y a de bien avec Bruno Mattei c’est qu’on n’est jamais déçu : quelque soit le genre auquel il s’attaque, quelque soit le film qu’il fasse, c’est un nanar. Depuis Ed Wood on n’avait jamais vu un réalisateur rendre aussi systématiquement ridicule tout ce qu’il entreprend. Comme en plus il passe son temps à copier des grosses productions américaines avec des budgets dérisoires (Prédator / Robowar, Les Dents de la mer / Cruel Jaws, Rambo II / Double Target), le résultat est toujours tordant ».

 

 » sexploitation« 

On se situe toujours dans des productions indépendantes à petit budget, dans les années 60 en particulier, qui exploitent des situations sexuelles non explicites et des nudités gratuites.  Les « nudies » – films mettant en scène des corps nus dans le but d’exciter le voyeurisme du spectateur – sont à mettre dans cette catégorie de films d’exploitation.

Russ Meyer est considéré comme l’inventeur de ce genre nouveau « nudie ».

  • Le Désir dans les tripes (1965) et Pussycat ! Kill ! Kill !(1965) (VF0666) : Il y impose son propre style, celui d’aventures pimentées de violences et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée.

Exploration illustrée dans sa trilogie « kitchissime » Supervixens (1975), MegaVixens (1976) et Ultravixens (1979) qui suit les péripéties de nymphomanes vengeresses.

  • Supervixens (VS7491) (1975)

Vixens

 

On retrouve à nouveau Joe d’Amato

  • Black Emanuelle (1998) (YB4188) : BO de Piero Piccioni pour la série de films de librement inspirée par le film érotique français Emmanuelle réalisé par Just Jaeckin en 1974.

 

Enfin, le réalisateur espagnol Jess Franco

  • Vampyros Lesbos,  (1970) (YV1995) : La bande son a été composée par Manfred Hübler et Sigi Schwab – initialement composée pour les pistes de danse – est considérée comme une des meilleures du genre, à tel point qu’elle est devenue presque plus culte et incontournable que le film lui-même. Quentin Tarantino reprendra le titre « The lion and the cucumber » pour la bande originale de Jackie Brown.

 

« Blaxploitation »

 

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Ce type de film d’exploitation sévit au cours des années 1970 et aspire à la revalorisation de l’image des afro-américains.

  • Sweet sweetback’s baadass song (1971) (YS9824) un film de Melvin Van Peebles : Considéré comme que le premier film du genre. La bande son a été composée par le réalisateur qui fit appel au groupe de musique Earth, Wind and Fire créant ainsi l’alliance entre musique et cinéma noirs. La bande originale devint un argument publicitaire pour promouvoir le film. Cette dernière est un mélange étonnant de gospel, de jazz et de dialogues du film.
  • Black Caesar (1973) (YB4066 – vinyle) de Larry Cohen : James Brown signe la bande son du film d’une manière peu orthodoxe étant donné qu’il expédia les musiques du film sans avoir pris la peine de le visionner !
  • Original Gangstas (1996) (YO6532) de Larry Cohen : Un mélange hip hop et R&B.

 

Le « Baron of bad taste », John Waters.

  • Cry Baby (1990) (YC9668) : Au sommet du kitsch, une comédie musicale qui nous plonge dans les années 50 avec une bande-son qui alterne chansons inédites (écrites et interprétées à la manière des années 1950) et reprises.
  • Hair spray (1988) (YH0127) : La BO fait se succéder des tubes des années 60.Cry baby
  • Serial Mom (1994) (YS2036) : Le film suit les péripéties criminelles d’une mère très protectrice ; plusieurs interprètes se succèdent autour des compositions de Basil POLEDOURIS.
  • Cecil B. Demented (2000) (YC2193) : Une célèbre star hollywoodienne est kidnappée par un réalisateur underground et ses adeptes « les réalisateurs kamikazes », afin de la faire jouer dans un film anti-commercial… La BO réunit toutes sortes d’interprètes, passant par un peu d’électro, du rap hardcore et du métal.

 

En plus …

  • Conan the Barbarians, dont la bande originale a été composée, en 1982, par Basil Poledouris et est considérée comme une de ses plus belles réussites.
  • The Barbarians (1987) réalisé par Ruggero et considéré par le site de nanarland.com comme “une sorte de chef-d’œuvre de mauvais goût années 80, une dégénérescence ultime du bis italien dans une overdose de kitsch sans complexe” doit beaucoup semble-t-il à sa bande originale extrêmement ringarde.
  • The Warriors (Les guerriers de la nuit) de Walter Hill sorti en 1979, sur une guerre des gangs à New York, une BO de Barry De Vorzon
Quelques films à voir

Pink Flamingo de John Waters : film culte volontairement trash. On y retrouve parmi d’autres l’acteur fétiche de John Waters toujours sous les traits de Divine, qui lutte pour maintenir son statut de « personne vivante la plus immonde ».

The Little shop of horrors (1986) : une comédie musicale délirante réalisée par Frank Oz d’après une comédie musicale Off-Broadway. + la BO (YL6203)

Bon amusement !

Alix Hubermont

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