Une fin d’année 2011 en chanson française !

Outre l’Œil du Maître et Mansfield.TYA dont nous avons eu l’occasion de parler dernièrement en ces billets, de nombreux disques captivants sont arrivés dans nos bacs à nouveautés en novembre et décembre passés. Petit tour d’horizon de cette fin d’année 2011 en chanson française.

Thomas Mery – Les couleurs, les ombres (NM3255)

Pour son deuxième album (sorti sur l’impeccable label Own Records), Thomas Méry abandonne l’anglais et revient à sa langue maternelle. S’il est difficile de s’immerger dans l’univers de ce compositeur pour le moins singulier, les 6 chansons de ce  » Les couleurs, les ombres  » aux accents post-rock et folk révèlent au fil des écoutes quelques trésors (presque) inaccessibles. On est bien loin des structures habituelles et binaires : chaque plage évolue lentement en dévoilant de manière soyeuse un cuivre, une subtile envolée percussive ou encore quelques notes de piano. Les textes, sombres et mélancoliques sans tomber dans le pathos, évoquent pour la plupart la séparation et la solitude. L’écriture possède une dimension onirique qui entre en parfaite synergie avec l’accompagnement musical mystérieux et introspectif.

Michel Cloup (duo) – Notre silence (NC5561)

L’on avait connu le Michel Cloup de Diabologum et d’Expérience, à la démarche distante et désabusée. Une démarche qui avait fini par irriter, par son côté pédant et prétentieux. Fort heureusement, Michel Cloup redresse complètement la barre sur ce disque à la fois étonnement simple et terriblement touchant. Il y parle d’histoires de tous les jours, avec une profondeur et une justesse rarement aperçues sur le paysage français. Cloup défend ce disque avec son compagnon de route, Patrice Cartier (ex-Expérience). Plutôt que de continuer dans une veine très rock, le duo revient à ses amours pour le slowcore. On sort de « Notre silence » épuisé, affecté et résolument changé. Sublime.

Sydney Valette – Plutôt mourir que crever (NV0499)

Premier essai pour ce parisien fortement influencé par la synth-pop, « Plutôt mourir que crever » s’impose comme la bande-son idéale des lendemains de veille difficiles. Sydney Valette y raconte le quotidien d’une jeunesse dans une brume constante sur fond de sons 8-bits qui évoquent un bras de fer entre feu Jacno et Crystal Castles. S’il aurait facilement pu s’égarer et tomber dans une démarche pseudo-comique taillée pour les ados en manque de repères, le parisien évite le cliché en insufflant à ce disque une douce mélancolie qui procure à son univers une ampleur inédite : on est davantage dans le registre de la solitude et de la dépression que celui de la franche rigolade. Un joli tour de force qui fait de ce premier opus une étonnante réussite.

Alain Bashung – L’homme à tête de chou (NB1197)

Pari osé que de se risquer à reprendre ce monument du grand Serge. Mais qui pouvait mieux réussir cet exercice que le très regretté Bashung ? Personne, et l’on en est très rapidement convaincu à l’écoute de cet hommage sobre, fidèle et franchement concluant.


Le Yéti – L’animal en moi (NY1840)

Premier disque solo pour Le Yéti, alias Thierry De Brouwer, ancien mercenaire de Melon Galia, Hank Harry, Austin lace ou encore Samir Barris. Beaucoup de beau monde sur ce disque, puisque l’on y croise Craig Schumacher à la production (Calexico, Giant Sand) ainsi que pas mal de têtes connues de la scène belge francophone : Catherine de Biasio (Mièle), Fabrice Detry (Austin Lace) ou encore julien Paschal (Sharko). « L’animal en moi » s’inscrit dans le registre d’une pop précieuse portée par la voix haut perchée de Thierry et caractérisée par la présence d’arrangements soyeux donnant du relief à ces chansons parfois difficilement accessibles.

Wladimir Anselme – Les heures courtes (NA5148)

Adepte d’une folk de salon, Anselme excelle sur ces « Heures courtes » qui le rapprochent inévitablement de Belin ou encore Fersen. A découvrir, ne fût-ce que pour son magnifique premier morceau, « La palmeraie ».



Daniel Darc – La taille de mon âme (ND0590)

Après un « Amours suprêmes » un peu décevant réalisé avec Frédéric Lo, Daniel Darc rencontre, par l’intermédiaire de Christophe, l’arrangeur Laurent Marimbert. Une collaboration qui accouche de « La taille de mon âme », album qui scelle un certain renouveau, loin du coup de génie de « Crève coeur » mais d’une qualité constante qui caresse nos portugaises dans le sens du poil. Daniel Darc s’y montre inspiré, habité, mystifié, plus que jamais porté par la foi (l’album se clôt sur « Sois sanctifié », une réflexion sur le pardon) mais aussi drôle, parfois léger voire carrément dans l’autodérision (« Les filles aiment les tatouages »). Au-delà de la qualité intrinsèque de chaque morceau, on appréciera surtout de retrouver un artiste -que l’on croyait presque mort et enterré- qui a profondément envie de se faire plaisir et dont l’enthousiasme se révèle communicatif. Un Darc toujours « doué pour l’addiction, pas très pour la diction », mais malgré tout touchant, intègre et à fleur de peau. Une belle réussite !

Sophie Gallet – Stella Polaris (NG0483)

Signée sur Freaksville Records (Miam Monster Miam, Jacques Duvall), Sophie Galet distille sur « Stella Polaris » une folk de velours chantée en français qui touche par son honnêteté et sa simplicité. La meilleure signature du label depuis longtemps.



Katerine, Francis et ses peintres – 52 reprises dans l’espace (NK0675)

Pendant un an, Katerine, Francis et ses peintres ont passé à la moulinette chaque semaine un tube marquant de la chanson française. Dans la lignée de son précédent opus, Katerine fait toujours dans le (très) décalé, toujours à la limite de l’acceptable ! Cela donne quelques pépites, à l’instar du jazzy « Il est vraiment phénoménal », du saccadé (et insupportable) « Elle est d’ailleurs » en passant par le jouissif « DJ ». Le disque incontournable de vos soirées nostalgiques !

Miossec – Chansons ordinaires (NM4749)

Il faut bien l’avouer, cela faisait un petit temps que Miossec ne nous avait pas autant convaincu que sur « Boire » ou « 1664 ». Même ses efforts avec Tiersen n’avaient pas franchement fait mouche… Avec ces « Chansons ordinaires », Miossec nous revient plus remonté que jamais, il a arrêté l’alcool et semble inspiré comme au premier jour. Derrière lui, un groupe franchement très rock rempli parfaitement le travail et met en avant cette voix écorchée qui sent terriblement le vécu.

Antoine Meersseman

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