Le 30 juin dernier, par une belle (et rare) journée d’été, l’asbl Bouts de ficelle a proposé une très instructive et fort ludique présentation-conférence-démonstration autour de cet instrument à la fois fascinant et mystérieux qu’est la cornemuse.
Après en avoir rappelé les origines historiques et culturelles, Marc Geonet a offert une panorama de la diversité dans l’unité des différentes incarnations de la cornemuse aux quatre coins de l’Europe. Sa propagation à travers le continent, au rythme des contacts et des échanges entre les populations et de leurs flux migratoires, a suivi le chemin d’une diffusion à travers toutes les strates de la société. A l’origine instrument pastoral, et après un épisode qui la vit être provisoirement récupérée par les institutions pour devenir un instrument de la musique de la cour, elle s’assura une place pérenne au cœur de la culture populaire dans tous les pays d’Europe. A telle enseigne qu’elle fut considérée comme l’instrument typique des bals musettes, jusqu’à ce que l’accordéon ne la détrône.
L’aspect le plus fascinant de la cornemuse, c’est le fait que, grâce à sa poche, ou son sac, le cornemuseur (ou sonneur) peut continuer à jouer longtemps après avoir arrêté de souffler dans le tuyau. Marc nous explique schématiquement le comment du pourquoi de ce tour de magie.

Un rappel de l’évolution de son répertoire, qui culmina en particulier dans la musique militaire, amena Marc Geonet à évoquer la situation actuelle de son utilisation, et des expérimentations auxquelles donnent lieu sa sonorité particulière et les possibilités qu’offre son jeu unique. Il laissa ensuite la place à Remi Decker afin d’illustrer en musique et anecdotes son propos.
Tombé sous le charme de la cornemuse depuis de longues années et réputé pour sa participation aux groupes Griff (et sa déclinaison en Griff Trio), Sourdine, Zafan, entre autres, Remi Decker peut être considéré comme des grands virtuoses contemporains de la cornemuse. Sa maîtrise technique mêlée à sa véritable passion lui permet d’aborder à peu prêt tous les styles musicaux avec son instrument, et l’autorise à explorer des territoires inédits, aux limites de la musique expérimentale. Si, entre ses mains, le jeu de la cornemuse paraît chose aisée, il faut savoir que derrière son apparente aisance s’expriment de nombreuses années de pratique. Or, la simplicité fait également partie des trait de caractère de Remi Decker lui-même. Et c’est avec un plaisir évident, et en toute franchise, qu’il partage volontiers sa passion, dans un élan particulièrement communicateur.
Un tout grand merci à Marc et Remi pour ce beau moment de découverte et de voyage à travers les siècles et les pays grâce à la cornemuse.
Sylvain Isaac (texte et photos)



