Léo Ferré et quelques interprètes

Publié: 26 juin 2012 dans Mise en évidence
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« J’ai tant chanté les désespoirs que ma voix s’est humanisée » (L’Opéra du ciel, 1950)
Léo Ferré est mort il y aura 19 ans ce 14 juillet 2012, l’occasion de se (re)plonger dans son œuvre abondante. Cette mise en évidence espère amener à (re)découvrir une figure incontournable de la chanson française au même titre qu’un Georges Brassens ou un Jacques Brel.

Voilà bientôt deux mois que j’ai repris le flambeau de la collection chanson française (avec celle de la musique de film et de variétés) de la médiathèque de Louvain-La-Neuve. La collection est vaste et il me reste tant de choses à découvrir. Petit à petit mes horizons s’élargissent…

Pour ma première mise en évidence, j’ai souhaité mettre en valeur un pilier de la chanson française, un artiste central, que l’on croit ne plus devoir présenter. Et pourtant, lorsqu’on approche au plus près de Léo Ferré on accède à une œuvre protéiforme et abondante.

Léo Ferré poète, écrivain, auteur, dramaturge, interprète, s’est essayé à l’opéra, l’oratorio, le théâtre, la musique de film, la direction d’orchestre ou encore l’imprimerie ! Insaisissable, il mélange à la fois le lyrique et le populaire, la tradition et l’utopie, l’amour et l’anarchie. Tour à tour sarcastique, mordant, moqueur, antimilitariste, ironique et misogyne, tendre, romantique et anarchiste. Détesté ou adoré il n’a eu de cesse d’écrire, de composer et d’interpréter avec une force et une conviction qui ne peuvent pas laisser indifférent. Car si aujourd’hui il a quelque chose d’une autre époque, d’une emphase et d’une grandiloquence décalée parfois irritante, et  si certaines facettes de sa personnalité peuvent nous ralentir, ce sont toutes ses contradictions qui s’entrechoquent qui le rendent vivant et tellement passionnant.

Cette sélection – qui rassemble la presque intégralité de son œuvre – offre une occasion unique de s’aventurer à la rencontre de cette personnalité fascinante, de déchiffrer et d’apprivoiser son œuvre.

« [...] Je suis là pour servir, je suis interprète. [...] Les poètes, les musiciens, ils ont besoin d’interprètes. Ils ne sont pas toujours les meilleurs interprètes de leurs œuvres [...]. Quelquefois, nous, interprètes, nous trouvons des choses qu’ils n’ont pas entendues, d’eux-mêmes… » (Extrait du documentaire Je m’appelle Gréco, réalisé par Jaci Judelson ( un bonus du DVD Juliette Gréco, Olympia 2004, Polydor)

Si Léo Ferré a mis en musique et chanté les textes de nombreux auteurs – Apollinaire, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Aragon, Jean-Roger Caussimon, etc., – son œuvre a été servie par de nombreux interprètes. C’est dès lors l’occasion d’aborder la question de l’interprétation. Qu’ils soient célèbres (Catherine Sauvage, Juliette Gréco, Jean Louis Murat…) ou moins connus (Morice Benin, Michel Hermon, Manu Lann Huel…) les interprètes de Léo ferré proposent chacun à leur manière une vision de son œuvre prolifique.

Deux pièces importantes du puzzle Léo Ferré ne sont malheureusement pas disponibles à Louvain-la-Neuve. N’hésitez pas à en faire la commande.

« De sacs est de corde » (1951) – HA8567

Léo Ferré propose à la Radio diffusion française ce "récit radiophonique pour récitant, voix, chœur et orchestre". La date présumée de l’enregistrement est le 12 janvier 1951. "De sacs et de cordes", construit à partir de textes – intégraux ou partiels – de chansons ou de poèmes de Léo Ferré, est ce qu’il est convenu d’appeler un "récit lyrique"; sa réalisation est aussi l’occasion de la rencontre du "monstre sacré" du cinéma français, Jean Gabin, et du futur "sacré monstre" de la chanson française. "Ce qui m’avait plu et beaucoup étonné, c’est qu’il disait les vers comme il parlait au cinéma. il n’avait aucune intention d’acteur." (Léo Ferré)" (d’après les notes de livret)

« Alma Matrix » (2000) – HA8566

Outre ses chansons, Léo Ferré nous laisse en héritage "Alma Matrix", un texte divisé en six parties qui fut édité, en 1999, aux éditions La Mémoire et la Mer. "Alma Matrix" est une déclaration d’amour à la femme, une vénération sensorielle du poète en extase. [...] Richard Martin, le récitant, fait corps avec la poésie de l’auteur ; il en extirpe la substantifique force et vibre au moindre méandre de ce long fleuve jubilatoire. La musique appuie la voix et reflète, en écho, la dimension incantatoire. ( JMV – http://gouttedeau.blog.lemonde.fr).

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