Programme de vacances: les road movies

Posted: 2 juillet 2010 in Actualité, Mise en évidence
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Du 1er juillet au 15 septembre 2010.

L’été, c’est le moment où l’on abandonne le chemin du travail ou de l’école, et où l’on s’embarque sur la route des vacances. Et  parmi les nombreux plaisirs qu’offrent les vacances, il y a le fait de découvrir de nouveaux paysages, de se laisser tenter par des passages improbables, d’arpenter des sentiers aux senteurs enivrantes, d’emprunter des chemins de traverse, d’aller à la rencontre de divers ways of life.

Pour accompagner vos pérégrinations estivales, nous vous avons concocté une sélection de films qui entrent dans la catégorie des road movies. Vous en trouverez la liste ci-dessous. Ils vous attendent dans nos Bacs à suggestion!

Et pour mettre en perspective cette sélection, voici un très bel article de Mathieu Menossi qui introduit à ce genre à part entière (article paru en juin 2008 sur Evene.fr).

“Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”, écrivait le poète Joachim Du Bellay, se remémorant l’incroyable errance méditerranéenne du héros victorieux chantée par Homère dans son ‘Odyssée’. Une intrigue basée sur le voyage, un récit découpé en étapes, des aventures et des rencontres imprévues. Ainsi la littérature antique portait-elle déjà en elle les prémisses de ce qui deviendrait bien plus tard le road movie. Genre essentiellement américain, intimement lié aux souvenirs des pionniers, le “film de route” est d’abord un cinéma du voyage. Un voyage qui, de la conquête de l’Ouest aux grandes vagues d’immigration en provenance de l’Europe, constitue une des composantes fondamentales de la culture outre-Atlantique.

Selon le très libertaire Jack Kerouac, “La route est pure. La route rattache l’homme des villes aux grandes forces de la nature (…). Sur la route, dans les restaurants qui la bordent, les postes à essence, les faubourgs des villes qu’elle traverse, les amitiés et les amours de passages se nouent. La route, c’est la vie.” Avec ses rencontres à la croisée des chemins, ses séparations et ses voies sans issue. On part pour rejoindre une famille, un(e) ami(e), un idéal. On quitte une ville, une personne, un mal-être. Fuite ou quête initiatique, le road movie fait de la route un lieu d’expérimentation, de liberté et de révolte face à l’ordre établi. Une façon également d’opérer un retour sur soi, de se questionner sur les fondements de notre société moderne.

C’est dans le contexte contestataire de la fin des années 1960, aux Etats-Unis, que le road movie devient un genre cinématographique à part entière. Dans un pays aux abois, tout juste sorti de sa chasse aux sorcières, embourbé dans la guerre du Vietnam et les revendications raciales, un certain nombre de jeunes cinéastes (ceux qui incarnent le Nouvel Hollywood), trouvent dans le récit de voyage une façon de représenter les travers de l’Amérique contemporaine. Fruit de la contre-culture et de la beat generation, le road movie trouve une parfaite résonance à son propos dans cette révolte qui appelle à la recherche d’autres espaces, d’autres expériences, où s’effacerait l’image d’une Amérique repliée sur elle-même. Plus qu’une simple forme cinématographique, le road movie dépeint cet esprit de liberté et ce désir de changement chez une jeunesse en mal de vivre. Ainsi aux destins excessivement positifs proposés par le cinéma hollywoodien traditionnel, les Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et autres Steven Spielberg préfèrent les existences autrement plus chaotiques de ces marginaux nés sous une mauvaise étoile, errant sur des chemins d’exil et de liberté, vers des espaces sans limites. Le voyage apparaît alors comme le meilleur moyen de quitter la société et ses règles.

En 1940 déjà, ‘Les Raisins de la colère’ de John Ford, adapté du roman de John Steinbeck, s’évertuait à démythifier l’idée de rêve américain en suivant le parcours d’une famille de paysans que la Dépression avait poussé à fuir vers une Californie largement idéalisée. Road movie avant l’heure, le film de Ford en avait néanmoins capté l’essence : une quête initiatique structurée en étapes et à l’issue le plus souvent malheureuse. Mais près de trente ans plus tard, deux films donneront véritablement corps à ce genre cinématographique. ‘Bonnie and Clyde’ (1967) d’Arthur Penn, une cavale tragique d’un couple de truands dans les années 1930. Et, plus encore, ‘Easy Rider’ (1968) de Dennis Hopper, l’histoire du périple de trois hippies – interprétés par Dennis Hopper, Peter Fonda et Jack Nicholson – au milieu d’une Amérique archaïque, conservatrice et raciste. Montés sur leurs choppers débridés, ils roulent d’ouest en est (vers une “conquête de l’Est” ?), à la recherche d’un endroit où s’affirmer et d’une société plus évoluée où chacun pourrait “se nourrir, se vêtir, se loger et se déplacer également et sans efforts”. Au lieu de cela, ils ne rencontrent sur leur chemin que la stupidité, la violence et l’incompréhension. Comme le dit le personnage interprété par Jack Nicholson : “Ce que tu représentes, c’est la liberté. Ca fait peur. C’est difficile d’être libre quand on est un produit acheté et vendu au marché.” Porteurs de vie et d’espoir, ils mourront tous les trois, le road movie ne laissant que peu de chance de survie aux personnages positifs.

Au sortir des années 1970, quelques réalisateurs se sont appliqués, de film en film, à enrichir et diversifier le genre. A l’image de Jim Jarmusch, (‘Stranger than Paradise’, ‘Dead Man’, ‘Broken Flowers’) chantre de l’errance, dont l’univers cinématographique est peuplé de ces “héros” désenchantés, sortes de rebelles “loser” foncièrement pessimistes et dénués de conscience (contrairement au héros “beatniks” de ‘Easy Rider’). Ou encore de Wim Wenders et de son ‘Paris, Texas’ (1984), odyssée bouleversante d’un homme qui, après avoir disparu pendant quatre ans en abandonnant femme et enfant, reprend sa longue errance, à la recherche du passé et de l’avenir. Chez Wenders, le road movie se charge d’une méditation sur le passage du temps et la transmission d’une mémoire individuelle et collective. Tous ses personnages cherchent à faire le lien, souvent rompu, entre les générations. Entre passé et présent. Le voyage agit alors comme un révélateur et permet aux personnages de se réconcilier avec un passé douloureux, qu’ils doivent pourtant affronter pour pouvoir ensuite se reconstruire. “En cet instant, j’ai peur. J’ai peur de m’en aller à nouveau. Peur de ce que je pourrais devenir. Mais j’ai encore plus peur de ne pas affronter cette peur”, avoue le personnage de Travis interprété par Harry Dean Stanton. Autre réalisateur à avoir largement participé à l’approfondissement du road movie, Tony Gatlif. Enfant de la rue, de parents gitans andalous, il a fait de son cinéma le miroir de sa vie. Entre errance et délinquance. Une oeuvre placée sous le signe de la quête de liberté avec ‘Gadjo Dilo’ (1997), ‘Exils’ (2004) ou encore ‘Transylvania’ (2006).

Si le road movie est originellement une affaire d’hommes noyés dans leur amertume, certains cinéastes vont oser le sortir de ses cadres traditionnels. Ainsi Ridley Scott réalise-t-il le premier “film de route” au féminin avec ‘Thelma et Louise’ (1991). Le genre s’ouvre également à la communauté gay avec ‘Priscilla, folle du désert’ (1994) de Stephan Elliott ou, plus tard, avec ‘Drôle de Félix’ de Olivier Ducastel et Jacques Martineau. L’histoire de ce Félix, chômeur et séropositif, qui, le long de la route, se construira sa famille idéale. Le road movie se découvre alors une vocation plus positive, au point de verser dans un humour picaresque que l’on ne lui connaissait pas. Une nouvelle coloration que l’on retrouve dans l’évasion burlesque des trois trublions de ‘O’Brother’ (2000) des frères Coen, et qui triomphe véritablement en 2006 avec ‘Little Miss Sunshine’ de Valerie Faris et Jonathan Dayton. Et que dire de la poésie extravagante d”Une histoire vraie’ (1999) de David Lynch, où un vieillard décide de parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour rendre visite à son frère mourant au volant d’une tondeuse à gazon. Ou du très atypique ‘Aaltra’ (2004) de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Victimes d’un accident, les deux protagonistes, devenus paraplégiques, se lancent dans un road-movie en fauteuil roulant jusqu’aux paysages hostiles de la Finlande.

Depuis, le road movie a encore fait du chemin pour s’étendre bien au-delà des simples étendues américaines. Du Japon (‘L’Eté de Kikujiro’ de Takeshi Kitano, 1999) au Brésil (‘Central do Brasil’, 1998, ‘Carnets de voyage’, 2003, de Walter Salles,) en passant par le Kazakhstan (fantastique ‘Ulzhan’ de Volker Schlöndorff, 2007) et le Liban (‘Sous les bombes’ de Philippe Aractingi, 2008). Et la France n’est pas en reste avec notamment le travail d’un réalisateur comme Manuel Poirier (‘Western’, 1996). »

Bernadette Hebbelinck

1934

  • New York-Miami VN2201

1940

  • Les Raisins de la colère VR0682

1942

  • Les voyages de Sullivan VV0092

1953

  • Le Salaire de la peur VS0596
  • Le Voyage de la peur VV0152

1957

  • Les Fraises sauvages VX1855

1963

  • Un Monde fou, fou, fou, fou VU8224

1965

  • Pierrot le fou VP2854

1966

  • Voyage à deux VV0006
  • La Grande Vadrouille VG5901
  • The good, the bad and the ugly VB3131

1967

  • Bonnie et Clyde VB5824

1969

  • Easy Rider VE0353
  • La Voie Lactée VV5351
  • Zabriskie point  VZ0022

1970

  • Cinq pièces faciles VC3799

1971

  • Point limite zéro VP5401
  • Macadam à deux voies VM2098
  • Duel VD7377
  • Trafic VT5910

1973

  • La Balade sauvage VB0251
  • L’Épouvantail VE5502
  • La Barbe à papa VB0419
  • Les valseuses VV0672

1974

  • Alice dans les villes VA0489
  • Sugarland express VS8301

1976

  • Au fil du temps VA0490

1978

  • Les Rendez-vous d’Anna VR0143

1979

  • Apocalypse Now VA5206
  • Radio on VR0140

1982

  • Honkytonk Man VH5461

1984

  • Paris, Texas VP0323
  • Stranger than Paradise VS7269

1986

  • Stand by me VS6902

1987

  • Tandem VT0781

1988

  • Rain Man VR0657

1989

  • Route One USA TJ7880

1990

  • Sailor et Lula VS0583

1991

  • Thelma & Louise VT3391
  • My Own Private Idaho VM8901

1992

  • IP5 – L’île aux pachydermes VI0071

1993

  • Un monde parfait VU8231
  • 1994
  • Priscilla, folle du désert VP6286
  • La Vie sexuelle des Belges VV4139    VJ4965

1995

  • Dead Man VD1038

1996

  • Get on the Bus VG0277
  • Le goût de la cerise VG0239
  • Les héros VH1459

1997

  • Gadjo Dilo VG0200
  • Western VW1532

1998

  • Las Vegas Parano USA  VL0596

1999

  • Une histoire vraie VU8661
  • Presque célèbre VP6081
  • Luna papa VL7981
  • L’Été de Kikujiro VE7254

2000

  • O’Brother VO0011
  • Drôle de Félix VD6792
  • Road Trip VR4416

2001

  • Y tu mamá también VE7308

2002

  • Historias minimas VH3170
  • Lundi matin VL8040
  • Mischka VM3808
  • Sueurs VS7349

2003

  • Carnets de voyage VC0923
  • Le Retour VR1689
  • Voyage en famille VV5654
  • The Brown Bunny VB0915
  • Twentynine Palms VT8705

2004

  • Aaltra VA0370
  • Le Grand Voyage VG0032
  • Sideways VS3446
  • Exils VE9234
  • Quand la mer monte… VQ7343
  • La Vie aquatique VV3982

2005

  • Papa VP0603
  • Transamerica VT0227
  • Broken Flowers VB0219
  • Bab’Aziz, le prince qui contemplait son âme VB0576
  • Qia Riding alone : Pour un fils VR0113
  • Freezone VF0063
  • Trois enterrements VT0064
  • Cinema,aspirines et vautours VC0344

2006

  • Little Miss Sunshine VL0085
  • Une nuit VU0049
  • Transylvania VT0170
  • La stella che no c’e VE0209

2007

  • Boulevard de la Mort VB0609
  • Sans plus attendre VS0435
  • Julia VJ0129
  • My blueberry nights VM2041
  • Bande de sauvages VB0536
  • Pur week-end VP0597

2008

  • Into the wild VI0132
  • Eldorado VE0252
  • À bord du Darjeeling Limited VA0511
  • Grace Is Gone VG0231
  • Les fugueuses VF0325
  • Wendy et Lucy VW0085
  • Donne-moi la main VD0491
  • The lucky ones VL0978

2009

  • Volt, Star Malgré Lui VV0218
  • Away We Go VA0613

2010

  • Thelma, Louise et Chantal VT0449

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